Comment freiner en roller et dévaler les pentes

Enfin ! Ils sont arrivés ! J’en rêvais ! Mes nouveaux rollers sont là. En m’élançant, j’ai crié  fou de joie : « À nous deux, Paris »! Pas question d’attendre pour les essayer, pour arpenter les larges artères de mon quartier et pour finir dévaler la rue pentue et sinueuse de mon premier sponsor : ma mamie. Et voilà comment à 13 ans, par une belle nuit d’été, quand j’y songe, j’ai au péril de ma vie affronté ma première pente, inconscient des dangers de la route. Ne sachant pas freiner en roller…

Fort de cette première expérience miraculeuse, je vais dans cet article vous proposer 9 manières de freiner en rollers plutôt que de vous en remettre à votre bonne étoile.

Je me souviens* de cette soirée ensoleillée, de cette époque où Décathlon fabriquait encore des rollers. Des rollers « Oxelo » ? Ô non ! Arrivé au sommet de ma rue des Lombards, je me suis arrêté pour profiter de la vue. Mes rollers neufs brillaient dans les derniers éclats du jour. J’ai fermé les yeux pour visualiser le parcours comme les pros. La rue comporte sept lacets, deux intersections avant d’arriver à l’entrée de la maison de mamie. Dans le prolongement, en contrebas j’ai imaginé au fond de la baie, baignant au cœur des eaux froides, Alcatraz.

J’ai souri, un jour avec mes rollers j’irais là-bas, à San Francisco. Pour le moment, faute de budget, j’avais la tête, les bras et les jambes au vent sans casque ni protection. Une fois le parcours mémorisé, j’ai entendu le décompte du starter et son GO. Le slalom géant a débuté comme dans un rêve. Mais la course s’est vite interrompue par un étourdissant crissement de pneus. Quand j’ai rouvert les yeux, j’étais allongé dans le caniveau, les coudes et les genoux égratignés. Rien d’autre, même pas mal. Le juge arbitre, lui était sorti de sa bagnole et me criait dessus. À ses hurlements, j’ai compris qu’il ne savait pas comment sa caisse avait pu stopper à temps. Moi, je savais que je devais prendre mes rollers à mon cou et disparaitre.

Expérience fantastique. Oui car à la vue du sang, mamie me dit : « Nous t’attendions avec tes nouveaux souliers ! ». Nous ?? Et une fois mes plaies soignées, elle m’a offert une rallonge miraculeuse pour les protections. En échange, je lui ai fait la promesse d’apprendre à freiner et de toujours garder les yeux ouverts.

Si je vous raconte mon histoire c’est que je connais tellement de patineurs qui se sont retrouvés dans cette situation et qui n’ont pas eu la chance d’avoir dans leurs relations un ange gardien, l’ami de mamie. Et si vous en doutez, allez voir ma vidéo « Comment j’ai fini à l’hôpital ».

Vous aussi, n’hésitez pas à me laisser un message pour me raconter vos histoires extraordinaires. Je les reprendrai dans mes futurs articles.

*clin d’œil à mes amis et abonnés Québécois de plus en plus nombreux à me suivre.

A qui s’adresse cet article?

Ce nouvel article sur le freinage est destiné aux patineurs débutants et intermédiaires. Prochainement, dans un second article, j’aborderai les freinages pour les patineurs expérimentés.

Si cet article est orienté pour les rollers en ligne (4 roues ou triskate), il peut néanmoins s’appliquer sous certaines conditions aux rollers quads.

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire mais on évite les ennuis.

Je vous l’assure avec le recul, le plus sage dans ma première descente aurait été de retirer mes rollers et de faire les cent derniers mètres nu-pieds. Le but du roller est de s’amuser et non de se mettre en danger. N’est- ce pas Lulu ? Mon pote. Moi, je n’avais que 13 ans quand cela m’est arrivé. Finir dans le caniveau à 34 ans. Ce n’est pas bien raisonnable. N’est-il pas ?

Vos premiers pas pour freiner en roller avec le frein tampon.

Pour ceux qui me suivent sur ma chaine YouTube, vous n’ignorez pas que je ne suis pas un grand fan du frein tampon. Toutefois, pour commencer cela fait le boulot.

Le frein tampon, c’est quoi ?

C’est le petit morceau de plastique que l’on retrouve sur tous les rollers pour débutant au bout de la platine droite ou gauche.

Comment utiliser le freinage tampon ?

En soi, c’est assez simple.

  1. Décaler ses pieds. Le patin avec le frein doit se retrouver à l’avant.
  2. Soulever son patin avec le frein pour que le tampon frotte le sol.
  3. Appuyer sur le patin avant en transférant votre poids vers l’avant.

Avec ces trois étapes vous allez ralentir.

Les limites de cet accessoire

Le frein tampon n’est pas un moyen pour freiner efficacement en roller. C’est utile pour ralentir sur le plat ou dans pentes douces. Mais c’est totalement inutile dans les descentes. C’est l’une des raisons pour laquelle je n’aime pas cette manière de freiner.

Les méthodes dite de « freinage »

Rentrons dans le vif du sujet : les méthodes freinages. Je vous propose les deux méthodes classiques, incontournables pour freiner en roller facilement :

Le freinage en T

Le freinage en T est le freinage iconique du roller. Tous les patineurs maitrisant le roller connaissent le freinage en T. Mais étonnamment c’est l’un des freinages les plus mal connu du roller. Une fois encore, le nom freinage en T me semble faux. On devrait dire freinage en V ou freinage en L. Mes recherches ne m’ont pas permis de trouver l’origine de ce nom « freinage en T ». Si vous avez une nouvelle piste à me proposer, envoyez-moi un message.

Par ailleurs, peut-on parler de freinage ? C’est en réalité plutôt une méthode pour ralentir. Je m’en explique plus en détail dans ma vidéo sur le freinage en T :


Découvrez les exercices pour apprendre le freinage en T,


Pingouin inversé

Le pingouin inversé en roller est pour moi la technique la plus utile, la plus amusante du roller. Malheureusement, je le déplore, elle est aussi délaissée. Oui, j’avoue la danse du pingouin, il y a mieux dans la vie pour charmer les passant(e)s.

Cette technique est assez facile à apprendre. Au début, elle nécessite d’être un peu contorsionniste. Ce n’est absolument pas naturel de s’arrêter de cette manière. Vous le verrez dans la vidéo en dessous.

La procédure à suivre

  1. Prendre un peu de vitesse
  2. Fléchir les genoux
  3. Lancer un patin devant vous oblique au sol (c’est là qu’il faut être contorsionniste)
  4. Poser le patin au sol (cela va vous ralentir)
  5. Refaire la même chose avec l’autre patin jusqu’à l’arrêt complet.

Cette méthode est technique est très pratique lorsque vous pouvez anticiper les obstacles concrètement : les passants devant vous, les passages pour piétons… C’est la technique que j’utilise la plus souvent en ville.

Cette technique a deux inconvénients : elle ne fonctionne pas bien dans les pentes et à grande vitesse. Je n’ai pas dit que c’était impossible mais c’est difficile.

Pour en savoir plus je vous renvoie à ma vidéo sur le sujet.


Adapter sa vitesse pour ne pas freiner

Oui, le meilleur conseil que je peux vous donner pour un patinage « écologique » et « économique » est d’anticiper, d’adapter sa vitesse et freiner que lorsqu’il le faut absolument. Car freiner ça use, ça use les roues ! Plus facile à dire qu’à faire. Dans la suite de l’article je vais vous donner plusieurs conseils pour contrôler votre vitesse et avec un peu d’entraînement, vous allez acquérir les bons gestes.

La feuille morte

Dans, une pente, la méthode de la feuille morte consiste à faire des virages pour tenter de remonter la pente. La particularité de ce mouvement est que vous allez descendre par pallier. Vous allez pouvoir ralentir voire vous arrêter sans effort à chaque étape. Puis répéter dans le sens inverse le mouvement jusqu’au moment où vous arrivez en bas de la pente. C’est une méthode efficace même s’il ne faut pas être trop pressé d’arriver.

La godille (zigzag)

  1. Quand vous serez confiant avec la feuille morte, vous pouvez passer à la godille. La godille est ici un virage large. Je trouve ce terme impropre car la godille désigne également une figure de slalom : un virage court. C’est un peu « confusing ».

La technique consiste ici à descendre la pente en faisant des virages amples. Avec un peu de pratique vous tenterez de réduire la courbure des zigzags ; c’est plus compliqué et vous risquez de déraper avec vos rollers. Car vous le verrez, plus le virage sera court, plus le freinage sera fort. Alors, allez-y progressivement.

La feuille morte et la godille sont des techniques que j’utilise au quotidien dans mes déplacements. Mais je tiens à vous mettre en garde. Ces méthodes sont efficaces lorsque vous disposez de beaucoup d’espace. Je vous les déconseille sur des trottoirs étroits.

Freiner en arc de cercle

Je passe au freinage en arc de cercle. On peut rapprocher ce freinage à roller du pingouin inversé. Il s’utilise dans les mêmes conditions.

Le principe de ce trick est de tourner sur soi-même pour ralentir. Pour cela, il faut :

  1. Avoir un peu de vitesse mais pas trop !!!
  2. Puis ouvrir vos patins de telle façon qu’ils soient en opposition (en aigle)
  3. Puis se laisser tourner comme une toupie en fixant un point sur l’axe de la rotation

C’est assez simple à faire et cela ressemble beaucoup à la méthode pour se retourner en roller (lien).

Cette technique présente deux inconvénients majeurs qui, vous allez vite le comprendre, limitent son usage notamment dans un milieu urbain :

Premièrement, cette méthode de roller est adaptée à faible vitesse car le mouvement de rotation risque fort de vous déséquilibrer si vous l’exécutez à vive allure. Et que dire si vous portez dans le dos, un sac un peu chargé…

Deuxièmement, cette méthode enfreint une règle importante du roller : Il faut toujours rester vigilant, observer votre environnement et faire face à l’obstacle. Ici, pendant vos rotations les yeux rivés sur l’axe de la toupie, vous allez tourner le dos au monde qui vous entoure. En ville, les dangers sont nombreux et si l’un d’eux survient, vous ne le verrez pas arriver. Pour vous en convaincre, regardez ma vidéo sur cette figure. Soyez attentif et vous verrez que j’ai bien failli faire une mauvaise rencontre avec un vélo.


J’adore ces trois techniques car au-delà des sensations qu’elles procurent lorsque que les maîtrisez, du plaisir de patiner, c’est qu’elles n’abîment pas les roues de vos rollers. Et s’amuser tout en préservant son matériel, voilà l’un de mes secrets que je partage volontiers.

Reconnaître le terrain

Avant de se lancer dans une descente, le mieux est de l’étudier, de l’évaluer et d’imaginer mentalement le chemin. Ce conseil peut paraître trivial pour ceux qui ont de l’expérience, et qui peuvent improviser dans tous les descentes. Mais si j’avais reçu 1€ chaque fois qu’un débutant freine dans une pente avant de reprendre de la vitesse pour sortir d’un creux, je serais riche et je coulerai des jours heureux une plage paradisiaque du Sud.

La maison de ma grand-mère est effectivement située en bas d’une pente à plus de 7% d’inclinaison. Pour vous donner une idée, en quelques dizaines de mètres, si je me lâche, je peux atteindre les 40km/h. À cette vitesse, au milieu de la descente il ne faut plus chercher à freiner, c’est trop risqué. S’il m’arrive encore de tenter l’expérience, c’est que depuis longtemps, le plan de circulation a été modifiée, les intersections supprimées et la ville a installé une piste cyclable. Piste qui se prolonge par un faux plat de plus de 150 m. Cette distance est largement suffisante pour décélérer sans effort et en toute sécurité.

Pour me permettre de reprendre mon souffle après ce sprint endiablé, je vous propose de regarder ma vidéo « 5 astuces pour s’arrêter en roller sans freiner ». Je ne bouge pas, j’attends votre retour.


Freinage d’urgence en roller (slide)

Nous allons pouvoir poursuivre notre découverte des techniques de freinage. Cette fois nous y sommes. Nous allons aborder les véritables techniques de freinage en roller. Comment slider en roller ? Oui dorénavant, j’utiliserai de préférence langage roller « slider » que « freiner ».

En roller, j’ai compté plus d’une vingtaine de technique pour slider. Je ne vais pas vous dresser la liste exhaustive. Gardons cela pour un prochain article. Je vais vous donner non pas trois mais quatre façons de slider à roller efficacement. Je vous recommande pour débuter d’en choisir deux et de les apprendre.

Powerslide / Power-stop

Le powerslide est mon slide préféré car il est le plus polyvalent, c’est-à-dire qu’il peut être utilisé dans la majorité des situations. Pour être efficace vous allez devoir bien synchroniser tous les mouvements et c’est bien là, la principale difficulté de l’apprentissage de ce slide.

Il consiste à lancer sa jambe vers l’avant de façon oblique au sol et d’utiliser sa propre vitesse pour freiner. Il existe de multiples variantes pour exécuter un Powerslide.

Je vous décris la manière la plus académique :

  1. Commencez par écarter vos jambes et fléchissez vos genoux pour augmenter votre stabilité.
  2. Faites un mouvement sec de rotation des épaules et lancer une de vos jambes vers l’avant. (Se sont vos épaules qui contrôle votre mouvement et non pas vos jambes).
  3. Ensuite soulevez votre patin arrière pour le mettre dans la position inverse à votre trajectoire pour accompagner votre freinage.
  4. Laissez-vous glisser (jusqu’à l’arrêt complet).

Les avantages de cette technique pour freiner en roller :

  • La stabilité ;
  • La possibilité de freiner dans un espace étroit ;
  • Efficace quel que soit la vitesse.

Pour en savoir plus vous pouvez regarder ma vidéo sur le sujet.


Soul

Le soul est un freinage d’urgence qui demande un minimum de souplesse. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à faire un soul même si j’ai bien progressé.

Pour faire un soul, il y a rien de plus simple :

  1. Commencez par écarter vos jambes et fléchissez vos genoux pour augmenter votre stabilité.
  2. Ensuite lancez une jambe face à vous et oblique au sol, le patin perpendiculaire au sens de la marche
  3. Cela freine naturellement

Ce slide est parfait pour freiner en roller. C’est un incontournable.

Parallèle

Le parallèle est slide considéré comme l’une des plus difficiles par les patineurs. Je ne comprends pas cette réputation. Pour moi, c’est une figure de roller facile. Je vous laisse essayer et me dire ce que vous en pensez.

Pour faire un parallèle :

  1. Avoir suffisamment de vitesse.
  2. Faire une courbe dans le sens opposé à votre direction de freinage. (mettre une image)
  3. D’un seul coup changer de direction pour être parallèle à la route.
  4. Vous allez déraper avec vos rollers

Le parallèle est l’un des meilleurs slides qui existe pour freiner en roller :

  • Le plus efficace quel que soit la vitesse
  • Adapté même dans un espace étroit ;

Si vous voulez un exercice pratique pour apprendre à freiner en parallèle. Rien de mieux que ma vidéo sur le sujet.


Magic / UFO en bonus

Pour finir, je vous offre un petit bonus : le Magic ou UFO pour les initiés. C’est un slide que je maîtrise partiellement comme vous pourrez le constater dans ma vidéo.

  1. Commencez par faire un soul (vous devez être fléchi comme dab).
  2. Mettez votre patin arrière comme pour freiner en T.
  3. Votre corps va être parallèle à la route et à votre trajectoire.
  4. Vous allez déraper avec vos rollers (Cette méthode freine vraiment bien).
  5. Le poids doit être réparti sur vos deux jambes et vos genoux doivent être serrés pour améliorer votre stabilité.

Ma dernière vidéo vous montre comment freiner en roller avec le Magic et vous découvrirez comment j’aborde une nouvelle figure de roller.


Pour conclure

Dans cet article, j’espère vous avoir sensibilisé à l’importance du freinage dans la pratique du roller. Connaitre ces figures renforce la confiance en ses capacités et vous permette de profiter en toute sécurité du plaisir de faire du roller.

Apprendre à freiner en roller va vous demander du temps, des efforts et de la persévérance. Ne vous découragez pas.

Je vous quitte en espérant vous retrouver très prochainement. En attendant, c’est maintenant à votre tour de travailler les figures en vous amusant.

Pour aller plus loin je vous laisse avec mon article « Apprendre à faire du roller« 

À bientôt.

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2 thoughts on “Comment freiner en roller et dévaler les pentes”

  1. « Décaler ses pieds. Le patin avec le frein doit se retrouver à l’arrière. »
    Heu y a pas une erreur la ? . chez moi le patin avec le tampon passe devant !

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